02 mai 2007
Blondie, muguet et supermarché
Lundi je ne travaillais pas. Aussi, après avoir longuement traîné dans mon appartement vide -ben oui y'en a qui bosse- à regarder la mer une tasse de café à la main tout en écoutant France Inter, je me suis enfin décidée à me mettre en route. Autant je peux mettre des heures à me réveiller le matin, autant une fois que je suis lancée, je deviens hyperactive. Vaisselle de la veille, ménage, lessive, douche... à midi j'étais au supermarché histoire de remplir un peu le frigo.
C'est là que ça se corse : tout Marseille avait décidé de faire ses courses lundi à midi.
D’ordinaire, voyant cela, j'aurais abandonné mon panier et serai sortie en courant. Mais lundi j'ai pris mon mal en patience comme dit ma grand-mère et j'ai sagement rejoint la file d'attente d'une caisse au hasard.
J'étais occupée à renifler le pot de muguet destinée à ma cuisine quand Blondie est venue se placer derrière moi. Elle est arrivée tout sourire, un panier avec 2 articles à la main et 10 kilos d'or aux oreilles. J'ai poliment répondu à son "bonjour" très avenant. Je crois que c'est là que je me suis aperçue de mon erreur, quand elle a posé sa main sur mon bras.
Y'a des situations où on devrait oublier son éducation, rester froide, ne pas sourire, regarder ses pieds. Parce qu'il me restait bien 20 minutes encore à attendre avant de passer à la caisse quand Blondie a commencé à entamer sa rengaine : "faut pas se plaindre, y'a en qui sont à l'hôpital... la jeunesse d'aujourd'hui franchement c'est plus ce que c'était, les jeunes ont plus envie de bosser... toute façon, Marseille c'est l'bordel, les gens sont indisciplinés... j'ai pas le sou mais je me bats, pas comme d'autre... y'a plus d'saison... ". Je n'aime pas être prise à partie surtout sur des sujets que je ne cautionne pas. Pour répondre à Bondie, je souriais bêtement d'un air condescendant parce que lundi, j'avais vraiment pas envie de me prendre le chou.
Derrière Blondie, un couple est venu se poser avec son caddie plein de victuailles laissant présager la famille nombreuse laissée à la maison. Moi, je me suis frottée les mains quand Blondie à recommencer son manège avec eux. J'étais sauvée pour cette fois. Elle leur a parlé de son signe astrologique, de politique aussi. J'avoue que sur ce dernier sujet, j'ai failli intervenir mais à quoi bon ? Arrivée à la caisse, mes pots de glaces s'étaient transformées en crèmes à la vanille et coulis de framboise, mon camembert était à point et je n'avais qu'une idée en tête : me retrouver chez moi et regarder la mer une tasse de café à la main.
06 février 2007
Je suis somme je suis
Un jour, je ne me souviens plus vraiment quand, j’ai vu un homme me sourire.
Un homme que je ne connaissais pas. Il m’a sourit et j’ai pensé " cet homme est idiot ".
Evidemment que c’est ridicule, on peut sourire sans raison.
Mais voilà, moi, quand je sors, je me barricade, je mets mon armure et mon chapeau de pluie vert.
Bien sûr il y a quelque chose qui cloche, une contradiction en moi : j'ai envie de sourire mais je ne souris pas.
Pour voir derrière mon armure, il faut me toucher ou m’effleurer, me convaincre de laisser ma carapace au vestiaire.
Mes amis me disent " tu sembles froide quand on ne te connaît pas, autant te connaître ".
Oui, et le contraire est vrai aussi, je passe à côté de pas mal de chose...
Comme je suis consciente de tout cela, je fais attention.
Avec l’âge, j’ai pris de l’assurance et j’ai un peu changé.
Pourtant, quand on me sourit dans la rue sans raison, je trouve toujours ça louche.
Sauf quand je découvre un peu plus loin, dans le miroir d'une vitrine que j'ai du chocolat au bout du nez....sacré cappuccino !
05 octobre 2006
L'automne
Je n'aime pas l'automne. L'été s'en va, l'hiver n'est pas encore là. Je trouve l'automne triste. Sans doute à cause des couleurs de la ville, grises. Plus loin, à "la campagne", la végétation met son bel habit doré mais la mode urbaine n'est pas gaie. Non. Le ciel est souvent bas, souvent gris...en général, on n'y est pas habitué. Pas encore. Et puis l'automne, c'est aussi la rentrée. Retour de vacances, rentrée des classes. Dur, dur. L'automne, c'est l'odeur de cuir, du cartable, et de la trousse, des nouvelles chaussures qui font mal. L'automne, c'est le pull que je sors, que je mets puis que je lève. Trop chaud. L'automne me rend indécise. Déjà que... J'ai un pied en automne et je voudrais que ce soit l'hiver. Je garde encore un peu mes jupons de juillet mais je sens l’air frais sur mes jambes.
Je voudrais un feu de cheminée qui crépite, une tempête de neige dehors, un chocolat chaud à la cannelle, un amoureux sur mon épaule. Vous savez bien... Mais l'automne n'est pas l'hiver, l'automne est mélancolique. L'automne, c'est "les feuilles mortes" de Prévert : même chanté par Gainsbourg ça me donne le bourdon. L'automne n'est pas mon amie. Mais voilà, cette année l'automne est signe de renaissance, de renouveau. J'aime cette idée de renaître en automne même s’il ne s'agit explicitement pas de ça. Il n'empêche qu'une nouvelle tranche de vie commence pour moi bientôt... en automne. Alors je lui souris, lui demande d'être conciliante, de ne pas trop jouer avec mon humeur. D'être claire et moins orageuse. Je lui demande d'être rigolote, d'étirer un peu ses bras et de maintenir le jour le plus longtemps possible. J'essaie de comprendre l'automne, de l'adopter, de la dompter. Jeu de maux.
04 octobre 2006
Même pas honte #2
J'ai rangé le CD de Lavilliers
Il me rendait mélancolique
A raviver ainsi des images oubliées
...
Et je n'aime plus pas ça
être mélancolique
29 septembre 2006
L'histoire du mensonge qui attendait le bus
8h32-ce matin je pars de plus en plus tard!, j'étais à l'arrêt de bus, tranquillement adossée au panneau publicitaire cradingue sur lequel une rousse languissante jetait sa chevelure flamboyante aux yeux des passants pressés. J'étais posée là, en train de rêvasser à mon week-end sur la côté atlantique qui n’allait plus tarder à être là, les yeux rivés sur la rue sans la regarder. C'est alors qu’IL est arrivé.
Plutôt grand, plutôt classe, la quarantaine-pas-plus, une sacoche de portable sur l'épaule, un sourire émail diamant accroché à ses oreilles. Bref, le coq. En prêtant davantage l'oreille, je suis certaine qu'on aurait pu entendre un soupir d'aise, de suffisance.
Et puis IL a commencé à trifouiller ses doigts. J'ai d'abord cru qu'il se passait de la crème hydratante pour main sensible, parce qu’en fait, ça ne m'aurait pas plus choqué que ça. Mais, non. J'ai continué à observer son petit manège tout en essayant de ne pas trop épier non plus... En fait Mônsieur essayait, non sans mal, peuchère, d'ôter son alliance ! Comme elle ne venait pas (Mônsieur avait sans doute pris un peu de poids depuis son mariage), il s'est mis à lécher son annulaire de manière presque obscène jusqu'à faire glisser lentement l'anneau doré de son doigt. Il a mis l'objet dans la poche se sa veste. J’ai pensé qu'il allait la perdre, qu'il devrait plutôt la cacher - parce que c'est bien ça non le but? - dans son portefeuille ou dans son paquet de clopes. Puis le bus est arrivé, Mônsieur est monté dedans me grillant la priorité mais bon, on ne va pas s'arrêter à ça, hein.
Au final, je ne sais pas ce qui m'a le plus choqué dans cette histoire, si c’est l'acte en lui-même -on imagine aisément dans quels buts un homme est amené à ôter son alliance - ou bien qu'il l'ait fait comme ça, sans scrupule ni honte, aux yeux de tous enfin surtout de moi sans s'en cacher... à moins que ce ne soit simplement le mensonge. Oui je crois que c'est ça, c'est le MENSONGE qui m'a choqué.
27 septembre 2006
Prendre vapeur #1
J'aime pas ...
*ces gens qui refont le monde tous les matins à la machine à café et qui claironnent sans sourciller que l'abolition de la peine de mort c'est une brave connerie
*ces gens qui râlent parce qu'il fait trop chaud, trop froid, parce qu'il pleut ou qu'il neige, les mêmes qui disent "on serait mieux chez nous au chaud" quand il pleut, "on serait mieux dehors" quand il fait beau mais qui ne font rien de leurs week-end pourtant
*ces gens qui rouspétent parce que la bouffe du restaurant d'entreprise est dégeulasse mais qui ne viennent jamais manger à l'extérieur parce que "c'est trop cher" les mêmes qui se font invariablement des pâtes au beurre le soir avec un steak haché congelé - ou un kebab les soirs de fête -, tout ça avalé goulûment les yeux rivés sur l'écran plat de leur pécé dernière génération, le home cinema pas très loin
*ces gens qui arrivent le matin et qui sentent déjà la transpiration, le phoque, le mort, parfois les trois, qui ne se sont pas coiffés depuis 3 jours, pas rasés non plus et n'ont pas changé de tee-shirt et de jean accessoirement troué depuis une semaine.
*ces gens qui font la gueule le lundi parce que c'est lundi, le mardi parce que c'est mardi, ainsi de suite.
*ces gens qui sont à deux à l'heure, qui vous tendent une poignée de main dégoulinante pour vous dire bonjour ou merde j'hésite. Pas la bise pitié.
Voilà, c'était mon coup de gueule de ce début de journée. Ca va mieux maintenant. Hum, y'a sûrement de véritables-bonnes raisons à tous ces comportements mais là, à 11h20, je veux pas savoir.
31 août 2006
Comportement atypique
Aujourd'hui -enfin ce matin vu qu'en plus il n'est que 11h ! - j'ai déjà :

- dépensé 70 euros pour une paire de shoes sur le net
- bouffé l'équivalent d'une baguette entière de pain aux céréales en petits pains c'est moins impressionnant
- bu 2 litres de thé vert et 4 cafés
- vérifié 154 fois l'écran de mon Nokia pour m'assurer que je n'avais pas raté THE coup de fil en même temps, vu qu'il est à côté de moi, que le niveau sonore est fixé au maximum et que le mode vibreur est activé, ça risque pas
- fait 10 allers-retours aux WC sous l’œil étonné des occupants du bureau d’en face d’en face les WC banane
- rongé les ongles de mes 10 doigts de la main j’hésite à m’attaquer à ceux des pieds, je suis au taf quand même...
- regardé l’heure en bas à droite de mon écran au moins 286 fois
...bref, j’attends aujourd’hui le coup de fil du siècle, celui qui me délivrera et de mon taf de m****, et de cette p***** de grisaille qui m'étouffe et de mon quotidien de célibataire-mais-pas-tout-àfait.
L'enjeu est grand, donc.
10 août 2006
Post-It
Penser à ne plus JAMAIS écouter L'Anamour de Gainsbourg...
... surtout la version de Fred Blondin.
Aucun Boeing sur mon transit, aucun bateau sur mon transat
Je cherche en vain la porte exacte, je cherche en vain le mot exit
Je chante pour les transistors, ce récit de l'étrange histoire
De tes anamours transitoires, de Belle au Bois Dormant qui dort
Je t'aime et je crains de m'égarer
Et je sème des grains de pavot sur les pavés
De l'anamour
Tu sais ces photos de l'Asie que j'ai prises à deux cents Asa
Maintenant que tu n'es pas là, leurs couleurs vives ont pâli
J'ai cru entendre les hélices, d'un quadrimoteur mais hélas
C'est un ventilateur qui passe, au ciel du poste de police
10 juillet 2006
C'est l'Italie.
Bon, ok, la Coupe du Monde est italienne.
Bon, ok, Zidane a raté sa sortie mais je continue à l'aimer, moi, zizou.
Hier soir, j'étais aussi devant le match, j'ai crié ma joie au premier but puis ma déception... J'ai trépigné, sué, applaudit... Mais voilà, le foot reste un jeu et la finale de la coupe du monde, un match qui se termine toujours par une défaite pour les uns et une victoire pour les autres. On n'est pas à la star'ac, il n'y a pas d’ex-eco, pas de possibilité de partager la victoire...
L'équipe qui joue le mieux n'est pas forcément celle qui gagne. Un match qui va aux tirs au but n'est pas un match perdu. Les tirs au but sont aussi une question de chance. Etc. On sait tous tout ça. Mais voilà, il fallait un perdant. C’est la règle du jeu. Pour autant, la Terre continue de tourner et notre réalité socio politico-économique est la même qu'hier, pas meilleure, pas pire non plus. Faut pas exagérer.
Hier, tandis que nous pleurions notre défaite en finale de la Coupe du Monde, un airbus310 russe s’écrasait à Irkoutsk en Sibérie faisant prés 200 morts...étrange paradoxe.
14 juin 2006
Humeur cinéphile
Je lisais récemment (enfin ce matin quoi) sur le blog de Deedee un billet sur la très prochaine fête du cinéma...
J’aime aller au cinéma et par conséquent j’aime la fête du cinéma !
Enfin, j’aime surtout la fête du cinéma car elle me permet de visionner un nombre considérable de films en tout genre à moindre coût. Je peux ainsi me blottir dans une salle noire devant un écran géant sans appréhender LE navet. A ce prix là, c’est moins grave de s’être planté... car le problème est là, dans le prix du ticket de cinéma.
Je n’ai pas de carte « pass » qui me permettrait d’aller de façon illimitée au Gaumont, au MK2 ou encore à l’UGC. Je n’en ai pas parce que je suis contre. Je n’ai pas envie de me sentir obligée d’aller voir un film toute les semaines, je n’ai pas envie de devoir choisir dans la programmation d’un seul cinéma, je n'ai pas envie d'aller voir n'importe quel film sous prétexte que "c'est pas cher", je n’ai pas envie d’avoir un prélèvement de plus tous les mois sur mon compte bancaire, pas envie...scrogneugneu.
Alors voilà je boycotte les cinémas où le prix du ticket dépasse les 8 euros.
Toute façon, les films qui me font envie sont souvent programmés dans des petits cinémas indépendants où il n’y a ni pop-corn-qui-pue, ni magnum-qui-fait-envie, ni soda-avec-sa-paille-qui-fait-du-bruit et où on ne m’arnaque pas. Parce oui, j’ai la sale impression d’être arnaquée sinon. Et n'allez pas croire que dans ces petits cinémas, il ne passe que des vieux films en noir et blanc...certains très bons films ne sortent même que dans ces cinémas là.
Le problème, car il y en a un vous pensez bien, c’est que la plupart de mes amis ont des cartes UGC ou MK2, qu’ils n’ont bien evidemment pas tous la même (mais ça à la limite, je m'en tape), que quand je vais avec eux ben je suis bien obligée de payer le prix fort (mais pas de manger un magnum, ouf).
Conclusion : J’aime la fête du cinéma et j’ai très mauvais caractère. CQFD.
