20 mai 2008

J'ai pas toujours rêvé d'avoir 15 ans

... mais aujourd'hui que j'en ai 31, je commence à penser que les languettes des baskets par dessus le jean qui traîne par terre et les écouteurs en mousse qui balancent "Lullaby" de Cure, finalement, c'était la belle époque, celle de l'insouciance. Facile. Facile d'être de mauvaise fois, de faire abstraction de tout le reste, des boutons d'acné et des mecs qui ne voulaient pas de moi. Ce reste qui justement me pourrissait la vie à l'"époque". Ah...l'époque.

A l'époque, on ne m'appelait pas encore Madame, je me torturais pas l'esprit pour trouver une crème "contre les rides d'expression" à la parapharmacie du coin et n'aurais jamais claqué 30 euros (si) dans un anticerne. A l'époque, mon seul soucis était de résoudre des équations à 3 inconnues tout en lisant du Proust que j'aurais bien troqué -déjà- contre du Kundera. A l'époque, mes parents avaient tout juste 40 ans, mes amis en avaient 15, on mangeait des sucettes à la cerise avec un chewing-gum immonde à l'intérieur et on "se faisait" une contrée à la récrée.

Mes amis ont changé, ils sont mariés, ont des enfants pour la plupart. Quand on se voit c'est autour d'un repas qui se termine souvent avant minuit. Mes parents ont vieilli et leurs confidences d'adulte me font mal. Je n'écoute plus Cure et mon Ipod diffuse du Bernard Lavilliers et du Ismaël Lo. J'ai un appartement à moi, un copain à moi, un boulot à moi. Des pivoines dans la cuisine et des photos de voyages aux murs. Des grands-parents qui n'ont plus envie de grand chose et qui trouvent le temps long, voire plus de grands parents du tout. Je maîtrise la cuisson de la daube et je fais des sushis les soirs de fête. J'écoute les soucis et les chagrins des mes proches, je fais l'éponge. Je milite pour des causes que je pense nobles, m'indigne dés que j'allume la TV ou écoute les infos et je gueule dans ma voiture quand mon voisin d'embouteillage balance les restes de son "MacDo" englouti sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute.

Quand je pense au temps qui passe, je suis triste. Je suis triste et j'ai peur.

Posté par fruit à 14:49 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur J'ai pas toujours rêvé d'avoir 15 ans

    Ah me revoilà sur ton blog, et je suis ravie d'y voir de nouveaux billets, je constate que j'aime toujours autant ton style et ta façon de raconter de petits événements avec force et délicatesse... ce qui est encore le cas ici, je me retrouve pour une part dans tes remarques, dans quelques souvenirs aussi, d'ailleurs ! l'adolescence n'était pas idyllique pour moi non plus, mais il y avait cette dose d'insouciance qui, pour moi également, a laissé place à d'autres choses, pas toujours très roses, mais bon... Tentons de voir avec optimisme mais aussi réalisme, il y a du bon ! Merci pour ton petit mot sur mon dernier billet, et si jamais tu lis mon bouquin, je serais ravie d'avoir ton avis Bonne fin de semaine !

    Posté par Odile, 28 mai 2008 à 20:21 | | Répondre
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